Russie

Russie: les pistes de la valeur ajoutée

Une fois encore les caprices du baril et des matières premières en général entaillent lourdement le PIB de la Russie et infligent à son économie épreuves et incertitudes de l'avenir. La faiblesse du rouble et l'inflation qui en résulte minent la consommation de produits encore trop fortement importés et maintient les taux d'intérêt à un niveau incompatible avec les indispensables investissements de modernisation du pays.

La question sempiternelle de l'insuffisante valeur ajoutée de l'économie russe est de nouveau posée, alors que le baril est revenu des 140 $ de 2008 aux alentours de 35 $ !

Le poids du secteur primaire est bien sûr un facteur d'excessive volatilité du PIB mais aussi, tout simplement, il prive le pays du rang international que la qualité de ses élites et de sa technologie devrait lui valoir.

Selon les instituts, la notion de PIB varie sensiblement ( devise d'expression, nominal ou en monnaie constante, en parités de pouvoir d'achat,...). Pour fixer les idées, si l'on retient le classement des PIB par tête du FMI disponible pour 2013 :

- Les extrêmes sur 184 pays (pas très significatifs) vont de 112 000 $ - Luxembourg à 223 $- Malawi !

- Restons sérieux et comparons ce qui est comparable: 53 000 $- USA, 45 000 $-Allemagne, 44 000 $- France, 15 000 $-Russie.

Pour ce dernier pays l'estimation la plus favorable ne dépasse pas 18 000 $.

Dans le cas russe le PIB flotte donc avec le niveau des matières premières et on imagine ce que le retrait de 70% du baril va donner pour le chiffre de 2015, par rapport à ces données de 2013!

Ce qui frappe dans ce type de comparaison, c'est l'écart de la Russie à la fois avec les pays producteurs de matières premières, compris entre 100 000 et 40 000 $ (avec souvent il est vrai de faibles densités de population, on est sur des données par tête), mais aussi avec des pays sans ressources naturelles ( Belgique, Japon, Israël, Italie, Espagne ,Grèce,...) qui se tiennent entre 45 000 et 20 000 $.

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NE PAS MANQUER CE RENDEZ-VOUS LÀ

Les relations franco-russes sont à la fois très anciennes et marquées parfois par une certaine incompréhension.
Dès le siècle des lumières les autorités russes ont marqué un intérêt pour les nouveaux territoires de la pensée que la France explorait. Les conflits qui ont opposé les deux pays au début du 19ième siècle, Moscou puis Paris connaissant alors successivement l'invasion militaire par chacun des deux pays alors adversaires, revêtent avec le recul le caractère d'une guerre civile à l'échelle d'un continent.

France russie
Les épisodes successifs de rapprochement intervenus depuis lors se sont traduits par des alliances lors de conflits, certes encore marquées par les aléas politiques. Mais la complémentarité entre les deux pays, comme la solidarité fondamentale entre les deux extrémités d'un même continent européen, n'ont cessé de s'affirmer depuis lors. La célèbre déclaration de Charles de Gaulle, à Strasbourg en 1959 en pleine guerre froide, en a été l'éclatante  affirmation.
Aujourd'hui, au delà de ces données structurelles,  trois ordres de préoccupations rendent encore plus nécessaire le renforcement de la coopération entre les deux pays, bien sûr dans un cadre européen.

Tout d'abord la montée inexorable de l'Asie et l'affirmation de la puissance américaine impose que se constitue enfin en Europe une troisième zone apte à mieux valoriser la prééminence ancienne, culturelle comme technologique, détenue de l'Atlantique à l'Oural et bien sûr à l'océan Pacifique. Cet indispensable prolongement asiatique devrait voir sa mise en valeur largement tirer profit de ce travail en commun, pour y contenir la résistible  poussée du voisin chinois.

Le stade de développement atteint dans nos deux pays, à la fois dans la capacité à mettre en œuvre les ressources naturelles, industrielles en Russie, alimentaires en France, tout comme les développements complémentaires atteints dans de très nombreuses technologies, ne peut que bénéficier d'une intensification de tous nos échanges.

Enfin il n'est pas nécessaire d'insister sur le caractère indispensable d'une coopération géostratégique renforcée face à la montée des périls venus du Sud.
 

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